12.04.2018

Scandale Cambridge Analytica : comment se positionne le monde associatif ?

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Dans une grande enquête menée par SOCIALware l’année passée auprès d'un échantillon d'associations belges, il apparaît que 80% des répondants sont présents sur les réseaux sociaux, Facebook largement en tête, afin d'y présenter leurs actions et événements et mobiliser un maximum de membres pour leur cause. Il s'agit également de la plateforme la plus utilisée par la population, avec 70% de Belges inscrits.
Les questionnements soulevés par le scandale Cambridge Analytica n'épargnent donc pas le secteur associatif, actif sur cette plateforme en raison de l’interaction qu’il peut y créer avec ses donateurs et soutiens divers.


La réputation de Facebook est mise à mal, car il apparaît que pas moins de 87 millions d’utilisateurs ont effectivement vu leurs données détournées sans leur consentement via l’entreprise Cambridge Analytica, parmi lesquels figurent près de 61.000 Belges.


Brian Cute, le CEO de l’association américaine Public Interest Registry, a consacré une chronique à ce scandale sur sa plateforme en ligne :
« Facebook et d'autres médias sociaux sont attrayants pour créer une identité en ligne, parce qu'ils sont gratuits, relativement faciles à utiliser et peuvent aider à bâtir de vastes réseaux de sympathisants pour les organismes sans but lucratif. Il y a une raison pour laquelle ils sont gratuits ; c'est parce que Facebook et d'autres plateformes monétisent vos données et les données de vos sympathisants. C'est leur modèle d'affaires. »

C’est pourquoi il encourage vivement les dirigeants d'associations à travers le monde à prendre le temps de se renseigner en profondeur concernant les plateformes en ligne sur lesquelles ils créent une identité au nom d’une organisation. Il est plus que jamais fondamental de bien comprendre leurs conditions d'utilisation, ainsi que celle qui peut être faite des données : « Les organismes sans but lucratif devraient comprendre les avantages et les inconvénients de l'utilisation de plateformes de médias sociaux par opposition à un site web sur un nom de domaine réputé et digne de confiance. »

Article complet (en anglais).

 

Dans un récent article paru sur Charity Digital News, Mike Buonaiuto, fondateur et directeur de l’agence anglaise Shape History, s’interroge également sur la dissonance majeure entre ce type de détournement à mauvais escient de la plateforme Facebook et la mission des nombreuses associations de bienfaisance qui l’utilisent.

« La réponse n'est pas d'abandonner Facebook, mais plutôt de faire pression sur le géant de la technologie en tant que secteur uni, ainsi que joindre les mains de nos partenaires du secteur privé et du secteur public…
… Si tout le monde est ferme, honnête et solidaire, nous montrerons que le Troisième secteur (crf. Le secteur non-marchand) prend très au sérieux l'utilisation abusive de ses données - et que le public a besoin de changement - afin que nous puissions, ensemble, continuer notre mission cruciale au bénéfice de la vie des autres. »